Nuance qui rime avec enfance.
Mon enfance est liée [ dans mon cœur ] non pas à mes parents mais à ma nounou tahitienne, que j'ai aimée plus que tout. Si j'ai survécu à ce que l'on appelle parfois pudiquement des "moments difficiles", c'est grâce à cette force qu'elle m'a offerte, entre deux plats de poisson cru au citron vert, deux poé de bananes au lait de coco, deux bols de riz et de chou chinois. Il y avait ces saveurs là, mais surtout son amour pour moi, le plus cadeau que l'on puisse recevoir dans la vie.
Mais la famille, c'est la famille... Voici donc LE gâteau familial, celui qui porte un nom si étrange que les invités entendent avec stupeur les exclamations des habitués " chouette alors, au dessert il y a du gâteau raté"....
Mon fils aîné [ qui vit au Laos, allez donc sur son blog, ici, vous serez dépaysé ! ] étant en visite en France je ne pouvais pas ne pas cuisiner ce gâteau réservé aux grandes occasions !

Pourquoi ce gâteau est-il "Raté" ? Parce que ma mère n'aimait pas faire la cuisine, qui le lui rendait donc bien... Et le résultat fut si souvent un échec pour elle qu'il ne pouvait s'appeler autrement... Maintenant tout le monde le réussit, à condition d'avoir un four en bon état de marche, quand même ! Et que ceux qui n'aiment pas la crème de marrons ne soient pas déçus, je n'avoue la composition [ trois ingrédients seulement ] du gâteau raté qu'après que les convives y aient goûté... Personne parmi ceux qui n'aiment pas la crème de marrons ne l'a jamais détectée !
Ingrédients
100g de chocolat à cuisiner
La moitié d'une boîte 4/4 de crème de marrons Clément Faugier [Ah non ! pas une autre marque ! Tradition oblige.]
5 blancs d'œufs

Faire fondre au bain-marie le chocolat.
Mélanger ensuite avec la moitié de la boîte de crème de marrons.
Puis rajouter, en deux étapes [ un peu, en fouettant pour assouplir, puis le reste très délicatement ], les blancs d'œufs en neige.
C'est tout. Ni farine, ni beurre, ni sucre.
Le moule est bien beurré, pas fariné, toujours un moule à baba, là aussi, nulle dérogation.
J'ai tenté, mais il n'a plus le même goût, je vous assure !
Faire cuire environ 40 minutes à four pas trop chaud, mais quand même assez...
Il va gonfler, se craqueler... et déborder si vous l'avez raté "pour de vrai".
Quand il ne tremblote plus quand vous bougez votre moule, c'est cuit.
Le démoulage s'opère avant refroidissement.
Avec un petit pincement à chaque fois...
Vous l'avez réussi ?
Bravo, vous tenez la recette du Gâteau raté !
Le gâteau raté se sert, cuit du jour, avec une crème anglaise réalisée la veille avec les 5 jaunes restants.
Ingrédients crème anglaise
5 jaunes d'œufs
120g de sucre
1c à c de Maïzena
1l de lait
Fouetter les jaunes avec le sucre et la Maïzena. Verser en fouettant le lait bouillant, dans lequel a infusé une gousse de vanille fendue [ étant donné que la vanille de Tahiti est rare, elle n'est pas obligatoirement de cette latitude là ! ]. Remettez sur feu doux et remuez sans arrêt.
La crème anglaise n'aime pas bouillir, elle se coagule alors [ si cela vous arrive, un coup de mixer plongeant, ou versez dans une bouteille en verre qui ferme bien et secouez fortement ].
Mon truc pour savoir quand arrêter sa cuisson ? Si mon doigt peut tracer un sillon sur le dos de la cuillère en bois...

Voilà. La crème anglaise, bien fraîche, est servie avec quelques tranches du gâteau refroidi.
Quand j'étais petite, je comptais les cuillerées de crème que mon frère avait. Et je pleurais de rage s'il n'y avait pas égalité. Depuis, pour mes enfants, j'ai toujours préféré verser la sauce sans cuillère.... et découper des parts inégales. C'est aussi un bonheur de se resservir...

A lire ici ; le gâteau adapté par Ciorane... et une vraie ode amoureuse qui lui est dédiée...
A lire ici aussi ; comment le bec sucré Valala l'a dévoré...
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